Communiqué du 16 février 2010Compte tenu de la situation catastrophique que vit actuellement Haïti un mois après le séisme du 12 janvier, nous avons mis en place un programme avec des actions concrètes qui répondent aux demandes précises de nos partenaires haïtiens qui se débrouillent tant bien que mal dans ce chaos indescriptible.
Ce programme a été élaboré avant tout en fonction des critères de faisabilité, indépendamment de réflexes opportunistes engendrés par la forte médiatisation de la catastrophe.
Il nous a fallu définir des priorités, et, hélas, nous sommes loin encore de la période dite de "reconstruction". La population s'organise actuellement en "comités de quartier". Chaque famille est touchée : deuils, blessés à prendre en charge, maison détruite, outil de travail réduit à néant ? donc, absence totale de revenus pour les mois à venir - , le tout dans des conditions de vie plus que précaires. Les premières pluies ont commencé, ce qui complique encore plus les choses.
D'après les témoignages recueillis, il ressort que la priorité reste la gestion des blessés (250.000 personnes). Selon notre médecin référent, beaucoup de blessés, opérés dans les premiers jours et qui sont retournés dans leurs quartiers, développent des surinfections par manque de suivi. Malgré une aide internationale massive, l'inadéquation entre la demande ? énorme ? et les réponses apportées rend beaucoup d'actions entreprises quasi dérisoires. Les besoins essentiels (nourriture, eau, etc.) sont, eux, en partie, satisfaits. Mais il manque des tentes, des matelas, du matériel de cuisine, des produits d'hygiène, etc.
Le programme de post-urgence prend en compte différents paramètres (ressources humaines disponibles, transports et déplacements adaptés à un environnement bouleversé, capacité de nos partenaires d'évoluer dans un milieu difficile et réactif, intégration des actions dans le dispositif d'aide internationale déjà déployé et en constant changement, rémunérations indispensables des équipes haïtiennes locales, ?). Nous avons pensé mobiliser des jeunes de la rue de nos programmes pour les intégrer dans un dispositif d'effort collectif, en capitalisant leurs ressources (force, connaissance du terrain, débrouillardise) et leurs capacités d'adaptation.
Je vais personnellement me rendre en Haïti le 3 mars pour faire une évaluation plus précise des besoins et mettre en ?uvre les premières actions de ce programme.
Loin des caméras, le peuple touché dans sa chair et dans ses biens va aborder une longue période de post-urgence. France-Haïti-Partage se doit d'apporter, par devoir de solidarité, ses compétences et son expérience des lieux et des populations en s'engageant à ses côtés.
Anne-Marie FRAYGEFOND, Présidente
|